Aspettando il voto delle bestie selvagge. Amadou Kourouma.


Durante lo stallo dell’attuale situazione politica, per ingannare l’attesa, consiglio la lettura di questo grande classico della narrativa africana di Amadou Kourouma , Aspettando il voto delle bestie selvagge. Ogni riferimento alla situazione politica italiana non è puramente casuale.

En attendant le vote des bêtes sauvages: à l’école des dictatures. Madeleine Borgomano

« C’est celui qui ne l’a jamais exercé qui trouve que le pouvoir n’est pas plaisant. »

Kourouma place le thème du pouvoir au centre même de son troisième roman, En attendant le vote des bêtes sauvages, dont le « héros » Koyaga est l’un de ces dictateurs qui ont poussé comme champignons dans l’Afrique postcoloniale. Mais déjà Les Soleils des indépendances centrait toute l’histoire de Fama (souverain), prince devenu « charognard », autour du rêve d’une reconquête du pouvoir de chef de tribu, pourtant changé en « honneur sans moyen, serpent sans tête ». Et Monnè, outrages et défis retraçait l’histoire de cette dégradation : le « roi » Djigui dérangeait en vain l’univers par les flots de sang des sacrifices pour assurer à son clan « la pérennité ». Il lui fallait faire allégeance au conquérant, l’étranger, le nazara, détenteur de la réalité du pouvoir, mais qui daignait lui en concéder un fantôme.

En revanche, le pouvoir dont Koyaga s’empare par un coup de force paraît quasi absolu. Du moins jusqu’à ce que la « démocratisation » le remette en cause. Il ne s’agit pas d’un livre d’histoire, et si « tout est vrai », tout est masqué (à commencer par les noms propres) et tout passe par le prisme de la fiction, par la complexité des niveaux d’énonciation. Et surtout par le sarcasme, forme dure de l’ironie. Mais la traversée de tous ces filtres permet d’atteindre une vérité romanesque.

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