Agence de Presse Sénégalaise – Un chercheur sur la Casamance : “Reconnaître le point de vue des rebelles, mais rester ferme sur l’intégrité territoriale”


 

Cucina durante una festa di villaggio, Oussouye, Casamance, Senegal. 2005

 

 

06/10/2010 22:20 GMT

Dakar, 6 oct (APS) – Le chercheur français Jean-Claude Marut, auteur d’un livre sur la rébellion en Casamance, a soutenu mercredi à Dakar, que les autorités sénégalaises peuvent reconnaître le point de vue des indépendantistes casamançais, tout en restant fermes sur l’intégrité territoriale.

Le gouvernement sénégalais doit reconnaître le “point de vue indépendantiste” des rebelles, a affirmé Marut, qui donnait une conférence, à l’occasion de la sortie de son livre, “Le conflit de Casamance. Ce que disent les armes” paru cette année aux éditions Karthala.

Mais, a relevé le chercheur, reconnaître ce point de vue ne signifie pas épouser les idées des indépendantistes ni les soutenir.

“Il y a plein de pays où il est interdit de porter atteinte à l’intégrité du territoire, mais des pays où, en même temps, les mouvements nationalistes peuvent s’exprimer librement”, a expliqué Marut, laissant entendre que l’Etat du Sénégal peut adopter la même démarche vis-à-vis des indépendantistes casamançais.

Cette attitude est celle du gouvernement espagnol avec les indépendantistes basques, a-t-il dit, en guise d’exemple.

“On n’a jamais posé la question aux Casamançais de savoir ce qu’ils souhaiteraient réellement. C’est une autre piste” pour la quête de la paix, a-t-il proposé, relevant qu’”il n’y a pas grand-monde, à mon avis, qui parle” de ce conflit.

“Je crois que quelque chose qu’on appelle les Assises nationales s’est passé au Sénégal. Et, j’ai appris qu’on est en train de préparer le document final de ces assises. On peut espérer que là aussi, dans ce document, il y aura des réponses constructives à l’échelle du Sénégal, lesquelles ne seraient pas en contradiction avec les propositions à l’échelle de la Casamance”, a-t-il commenté.

Une rébellion sévit dans le sud du Sénégal depuis 1982, sous la direction du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Le gouvernement a signé plusieurs accords de cessez-le-feu avec les rebelles, le dernier ayant eu lieu en 2004.

En 2009, des affrontements opposant les combattants du MFDC à l’armée avaient fait plusieurs morts dont une dizaine de militaires.

Jean-Claude Marut, géographe, est chercheur associé au Centre d’études d’Afrique noire (CEAN), un centre d’analyse de la vie politique africaine, basé à Bordeaux (France). Il suit le conflit casamançais depuis une vingtaine d’années.

ESF/BK

Agence de Presse Sénégalaise.

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